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BULLETIN N° 31 Août 2008

Bulletin N° 31 Août 2008 A nos enfants
(vendredi 9 janvier 2009)
(Bernadette Mallejac)

Et vous, enfants chéris, où étiez-vous durant ces journées interminables dans cette salle où la souffrance et la douleur s’étaient donné rendez-vous avec la lâcheté ?

N’en doutons pas, vous étiez auprès de nous, prêts à nous aider, nous soutenant de toute votre tendre attention alors que nous nous débattions avec notre souffrance pour essayer d’extirper de nous-mêmes le récit de votre long calvaire. Comment aurions-nous pu, sans votre aide, raconter vos vies brisées, votre courage, votre silence où notre amour devinait tant de choses, vos regards si profonds et désolés qui contenaient toute la douleur (ou les regrets) du monde…Comment, sans vous, aurions-nous eu la force de crier au monde entier le comment et le pourquoi de votre mort !

Les prévenus ont dû, jour après jour, entendre les terribles conséquences de leur négligence mortelle ! Matin après matin, ils doivent se réveiller avec, sur leur conscience, le poids si lourd de leur inconséquence ; C’est déjà leur première sanction ; le reste viendra le 14 janvier 2009, quasiment un an après l’ouverture de cet insupportable procès.


Quel sera le verdict ? il est bien difficile de le prédire ; mais je crains que pour beaucoup, il en résulte une immense amertume…
Alors, peut-être finalement, l’essentiel n’est-il pas là … Permettez-moi de vous citer ces quelques mots envoyés par une amie après la mort de ma fille :

« La grande et triste erreur de quelques-uns, c’est de s’imaginer que ceux que la mort emporte nous quittent : ils ne nous quittent pas ,ils restent.
Où sont-ils ? Dans l’ombre ? Oh non, c’est nous qui sommes dans l’ombre. Eux sont à côté de nous, sous le voile, plus présents que jamais.
Nous ne les voyons pas, parce que le nuage obscur nous enveloppe, mais eux nous voient. Ils tiennent leurs beaux yeux pleins de lumière arrêtés sur nos yeux pleins de larmes.
O consolation ineffable, les morts sont des invisibles, ce ne sont pas des absents. »

Demeurez en paix, enfants bien-aimés,
Nous avons accompli envers vous notre devoir de mémoire et d’amour…
Le reste ne nous appartient plus !